Critique: Paradoxes, tome 1

Titre: Paradoxes, tome 1 – Nytayah.

Auteur: L.A. Braun

Éditeur: Auto-édition

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Premier tome de « Paradoxes », « Nytayah » est un roman aux multiples facettes, un roman-gigogne, qui, comme la plupart de ses personnages, mène des vies parallèles tout à fait différentes les unes des autres, tout en restant cohérent et prenant du début jusqu’à la fin.

C’est tout d’abord un roman noir dans la grande tradition, corsé et haletant, que n’auraient pas reniés Chester Himes ou Raymond Chandler. Toutes les figures du genre sont présentes: des flics mal dégrossis, grand brûlés de la vie, qui tentent de faire leur travail malgré des supérieurs peu coopératifs, des femmes fatales au lourd passé qui jouent un double jeu, des criminels durs à cuire, etc…

Seul regret: à épouser ainsi les formes d’un genre américain, on en oublie passagèrement que c’est bien à Bruxelles qu’a lieu l’action. Mais il s’agit d’un détail. L’intrigue policière représente l’ossature principale du récit, avec une trame bien charpentée et un suspense toujours présent.

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Nytayah est aussi un roman d’anticipation, situé quelque part à la lisière du cyberpunk, dans un avenir désenchanté et ravagé par des catastrophes. Il s’agit d’un élément utilisé astucieusement par l’auteure, qui profite que l’action se situe dans le futur pour introduire avec naturel les éléments les plus déconcertants. le décor du Bruxelles de l’avenir apporte également énormément d’atmosphère, le plus souvent sombre et déboussolée.

Et en plus de tout ça, le livre ajoute encore du surnaturel: vampires, loups-garous et autres, dont le conflit naissant a des parfums de jeux de rôle à la White Wolf, même si certains éléments et personnage emmènent l’imaginaire dans les chemins de traverse. le plus étonnant, c’est que tous ces aspects cohabitent dans le même roman et que cela semble parfaitement naturel, comme si ces genres différents étaient faits pour vivre ensemble.

A signaler également des personnages bien brossés, attachants ou répugnants, mais en tout cas immédiatement identifiables, des dialogues naturels et bien sentis, et un talent marqué de l’auteure pour les ambiances habilement décrites. Les descriptions sont fines et méticuleuses, parfois un peu chargées en adverbes au début du texte, mais toujours d’une grande justesse, parvenant à nous faire voir exactement ce que l’auteure a en tête.

Encore deux mots d’un aspect plaisant: même si Nytayah connaît des suites et laisse le destin de certains personnages en suspens (et aiguise notre curiosité), l’intrigue policière connaît un dénouement qui rend ce roman satisfaisant à lire pour lui-même, même si l’on n’a pas lu – ou pas encore lu – la suite.

Original, bien écrit, prenant – un roman chaudement recommandé.

Disculpeur: je suis édité auprès de la même maison d’édition que l’auteure.

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